Hadopi : quel effet le gendarme du net a sur le piratage en France?

HadopiCréée en 2009 sous Sarkozy, le bilan de la Hadopi est discutable.

C’est d’ailleurs pour cette raison que l’existence même de l’institution est régulièrement remise en question.

Hollande avait d’ailleurs promis de la supprimer. Reste à voir quel sort lui réservera Macron…

Le piratage toujours d’actualité en France

Pédagogie ou répression, l’objectif principal de la Hadopi est sans conteste la lutte contre le piratage. Et de ce point de vue, le moins que l’on puisse dire, c’est que son bilan laisse à désirer.

En effet, d’après une étude réalisée en début d’année par EY le piratage est une réalité qui coûte très chère. Cette pratique illégale représenterait un manque à gagner de 1,35 milliard d’euros minimum par an, rien que dans l’Hexagone.

Cette perte serait estimée à 265 millions pour créateurs et ayants droit, plus de 400 millions de recettes fiscales pour l’Etat. Le piratage serait même responsable de la perte de 2000 emplois.

Et les internautes pirates ne seraient pas des cas isolés. 1 français sur 4 reconnaît ainsi avoir consommé au moins un contenu piraté durant 2016.

Plus de 13 millions de français seraient ainsi concernés par le piratage. C’est exactement le même résultat de Mediamétrie, il y a 2 ans. Donc rien ne semble avoir évolué aux premiers abords.

On distingue cependant une nuance.

Le téléchargement de torrents serait petit à petit délaissé par le streaming. Les internautes préfèrent effectivement de plus en plus l’immédiateté de ce mode de consommation.

La Hadopi et sa fameuse riposte graduée ne semble donc pas être efficace. Il faut dire qu’avec un simple VPN comme Hidemyass, VyprVPN ou NordVPN le contrôle du gendarme du net est tout simplement contourné.

Grâce au changement d’adresse IP, l’internaute profite en effet d’une connexion anonyme et même la Hadopi ne peut pas l’identifier.

Le cas particulier de la musique

Si le piratage des films et autres séries semblent donc se maintenir, la situation a par contre évolué dans le secteur de la musique.

Mais il ne faut pas s’y méprendre, Hadopi n’aurait rien à voir avec ce changement d’attitude. En réalité c’est l’offre légale avec les services de musique à la demande, souvent associés à un opérateur mobile qui auraient changé la donne.

Avec un abonnement de moins de 10 euros par mois à des services comme Spootify, Deezer ou encore Apple Music, il est en effet désormais possible d’avoir accès à des millions de titres.

Grâce à ce nouveau mode de consommation, le secteur a ainsi retrouvé la croissance, disparue depuis plusieurs années.

L’offre vidéo est loin derrière. Les services comme Netflix, Canal + Play ou encore Molotov pour la télévision sont loin d’être aussi exhaustifs.

Même en cumulant les trois abonnements, impossible d’accéder à un catalogue complet. L’internaute est donc forcé de se tourner vers le piratage s’il veut accéder à certaines séries et autres divertissements. En choisissant l’un des meilleurs VPN 2017 actuellement disponibles, pas de souci.

En conclusion, Hadopi aurait donc un effet proche du zéro quant à la dissuasion des internautes. Le piratage a par contre la vertu d’avoir poussé les majors et autres grosses pointures du divertissement à proposer des alternatives légales plus justes et plus abordables. Il reste cependant bien du chemin à parcourir en ce sens.