Hadopi, piratage, streaming : la France serait-elle en retard ?

Flag of The Pirates on a wooden plankNous vous parlons souvent ici du fameux flic du net à la française aussi connu sous le nom de Hadopi.

L’institution est souvent critiquée, mal-menée, son existence est remise en cause, et on comprend bien pourquoi.

En effet, au regard des pays européens, la France semble bien en retard dans la lutte contre le piratage sur le web malgré la fameuse riposte graduée.

Mais cette réalité pourrait bien changer. Le Secrétaire d’Etat au numérique, Mounhir Majhoui, a pris le dossier en main.

Un système de lutte contre le piratage mal adapté et trop lent

Hadopi vient de publier son « rapport de veille internationale 2017 » afin d’évaluer un peu plus concrètement la situation au niveau mondial.

L’institution a ainsi étudié les différents mécanismes utilisés pour contrecarrer le piratage sur le web mis en place dans d’autres pays.

Sa propre conclusion semble confirmer les nombreuses critiques dont elle est la cible. L’efficacité de la répression de Hadopi semble en effet toute relative…

Le système français aurait en trois ans fermé moins d’une vingtaine de sites illégaux. Ces résultats sont  peu glorieux, il faut bien l’admettre. Et pourtant, son bilan semble s’améliorer

Si l’on regarde nos voisins d’outre Manche, on se rend par exemple compte que les fermetures de sites sont beaucoup plus nombreuses.

Tout simplement parce que le système se base sur la bonne-entente et la coopération. C’est-à-dire que si les ayants droit doivent premièrement passer devant la justice (comme en France) pour que les FAI et autres moteurs de recherche bloquent l’accès à un site.

Mais ce n’est plus nécessaire par la suite. Des accords peuvent ainsi être mis en place sans nécessité de passer devant un juge afin d’actualiser l’interdiction. Les sites miroirs et autres clones sont du coup automatiquement bloqués par la suite.

Or, c’est ce petit « détail » dans la procédure qui fait toute la différence.

Etre obligé de passer de nouveau par les tribunaux pour chaque nouvelle infraction comme c’est donc le cas dans l’Hexagone bloque effectivement l’efficacité de la lutte contre le piratage en France. Il suffit de jeter un œil sur les résultats obtenus pour s’en rendre compte.

Plus de 150 sites auraient ainsi été bloqués chez nos voisins. Mieux encore, une étude réalisée pour mesurer l’impact de cette lutte contre la contrefaçon aurait démontrer que cette stratégie aurait engendré une augmentation de 6 % des visites sur les options légales comme par exemple Netflix.

De plus en plus d’internautes passent aussi par un VPN comme Hidemyass, VyprVPN et NordVPN pour contourner ce genre de blocage.

Ils peuvent en effet changer d’adresse IP et passer ainsi entre les mailles du filet. Mais ces données, bien évidemment, les autorités n’en parlent pas…

Hadopi sera bientôt réformée par le sécrétaire d’Etat ?

En plus du problème de piratage, les sites illégaux posent également un autre problème : celui de la pornographie.

En effet, d’après une étude menée sur le sujet par l’association Ennocence, « aujourd’hui un enfant a en moyenne 11 ans lorsqu’il est exposé pour la première fois à la pornographie. Cette exposition se fait généralement de manière complètement accidentelle. »

Et comment ça se passe ? Les sites illégaux et notamment les sites de streaming sont clairement montrés du doigt ! Or les enfants ont aujourd’hui de plus en plus l’habitude de se tourner vers le streaming. Ils s’exposent par là-même à toutes sortes d’abus et escroquerie.

C’est à ce niveau que Mounhir Majhoui semble vouloir intervenir. Le Secrétaire d’Etat dénonce en effet ce qu’il considère comme de « véritables organisations mafieuses internationales ». Or pour le moment seul victimes et ayants droit sont en mesure de porter plainte…

Il semblerait donc que l’homme politique veuille changer la donne. L’objectif : protéger les enfants et limiter les dégâts économiques engendrés par de telles pratiques.

Il a ainsi reconnu que la France manquait d’efficacité pour contrecarrer le piratage et les sites de streaming en général.

Et il a encore souligné que le gouvernement attend les recommandations des deux conseillers d’état qui travaillent sur le sujet. Visiblement les choses vont bientôt changer…