Kodi encore une fois accusé de tous les maux par la MPAA

Pirate button on computer keyboard.Une table ronde de la Copyright Alliance a eu lieu il y a quelques jours.

Au cours de cette réunion, le président de la MPAA n’a pas mâché ses mots vis-à-vis des utilisateurs de Kodi.

Il a ainsi déclaré que si 12 millions d’utilisateurs sembleraient utiliser la plateforme de manière légale.

Mais plus de 26 autres millions le feraient de manière illégale grâce à des Add-Ons pirates… Tout le monde ne partage pas cet avis !

La MPAA accuse les utilisateurs de Kodi d’être des pirates

Si le torrent et autres formes de partage existent toujours, aujourd’hui c’est le streaming qui semble inquiéter le plus comme forme de piratage. Le streaming pirate est en effet en croissance permanente. Et ce phénomène ne semble pas sur le point de s’arrêter.

Ainsi, d’après un rapport de la Sandvine, société canadienne de gestion de Haut Débit, le trafic IPTV aurait atteint des proportions énormes.

Ainsi, d’après Sandvine, 6,5 % des foyers aux Etats-Unis seraient en contact avec des sites illégaux connus. Autrement dit 7 millions d’abonnements et téléspectateurs potentiels perdus… Or cela ne fait aucun doute : l’IPTV comme par exemple Kodi est là pour rester.

Ce sujet était au cœur des discussions lors de la table ronde organisée par la Copyright Alliance. Cette réunion était organisée en collaboration avec le Creative Rights Caucus.

Et elle avait pour intitulé « Nouvelles stratégies de piratage du droit d’auteur ». Visiblement de nombreux poids lourds de l’industrie étaient présents…

Après de nombreuses discussions, la Copyright Alliance se serait finalement focalisée sur une nouvelle forme de piratage qui aurait transformé la problématique : le streaming !

C’est Neil Fried en personne, le vice-président de la MPAA, qui s’est attelé à présenter les derniers appareils et autres applications de streaming responsables du piratage nouvelle version, déjà surnommé « Piracy 3.0 ». Visiblement il n’a pas entendu la mise en garde de la CCIA

Comme bien d’autres auparavant, Field a donc expliqué que sous sa forme de base, la plateforme Kodi est complètement légale.

Il s’est cependant empressé de démontrer que de nombreux ajouts faits au lecteur multimédia permettent d’utiliser le dispositif de manière complètement illégale. Il s’est appuyé sur une grande démo projetée sur écran pour démontrer ses dires.

Fried aurait ensuite présenté des chiffres pour le moins intéressants… Selon la MPAA, il y aurait donc au moins 38 millions d’utilisateurs Kodi dans le monde. 26 millions d’entre eux l’utiliseraient de manière illégale via l’installation d’Add-Ons pirates.

Ainsi environ 70 % des utilisateurs Kodi seraient des pirates de films, émissions de TV, manifestations sportives, etc. Ainsi, toujours d’après ces chiffres, seulement 12 millions de personnes utiliseraient donc Kodi de manière légitime.

Des chiffres contestés par le président de la fondation XBMC

Pour Nathan Betzen, le président de la fondation XBMC à l’origine du projet Kodi, ces chiffres ne sont pas aussi évidents.

« Je n’ai aucun chiffre à jour sur les utilisateurs de Kodi .

En effet, nous ne regardons pas ce que nos utilisateurs font. Nous ne pouvons donc pas dire combien font quoi en ce qui concerne le streaming illégal. Les chiffres énoncés par la MPAA pourraient être complètement vrais ou complètement inventés. Il n’y a aucun moyen réel pour le savoir ! »

Bien qu’elle ne publie aucune statistique sur le sujet, l’équipe est en mesure de regarder l’utilisation globale de Kodi. Cette information a été révélée en 2011, lorsque le projet s’appelait encore XBMC.

On apprenait alors que le « système d’Add-Ons nous permet de mesurer la popularité des Add-Ons, de mesurer la base d’utilisateurs, d’estimer à quelle fréquence les utilisateurs mettent leur dispositif à jour, et même de les orienter vers les Add-Ons les plus populaires le cas échéant.

Nous pouvons ainsi avoir une assez bonne image du nombre d’ XBMC actives sans contrôler pour autant l’utilisation de chaque utilisateur. »

Grâce à ce système, l’équipe a ainsi conclu qu’il y avait environ 435 000 dispositifs XBMC actifs dans le monde en 2011. On sait aussi que ce chiffre a considérablement augmenté par la suite. Seulement 3 mois plus tard, 789 000 XBMC étaient actives…

Les chiffres de la MPAA qui parlent donc de 38 millions d’utilisateurs dont 26 seraient des pirates sont donc impressionnants.

TVAddons a également commenté ces chiffres.

« L’anlyse des Add-Ons a toujours été interdite. Par conséquent, une telle estimation est tout simplement impossible à réaliser. Il semblerait plutôt que la MPAA balance ces chiffres sans aucune preuve statistique.

De plus, elle insulte de « pirates » les utilisateurs de Kodi de la même manière qu’elle étiquetait les utilisateurs d’un service légitime comme Cloudfare. » a ainsi déclaré un porte-parole.

« En ce qui concerne l’utilisation générale des Add-Ons, nous savons qu’avant que notre serveur ne soit saisi de manière illégitime (il contenait des centaines d’Add-Ons complètement légitimes), il comptait environ 39 millions d’utilisateurs par mois.

Mais nous ne savons pas pour autant combien de ces utilisateurs ont téléchargé des Add-Ons. Nous n’avons jamais permis les statistiques d’ajout pour les utilisateurs. Cela engendrerait une concurrence malsaine et représenterait surtout une intrusion agressive dans la vie privée.

On peut donc conclure que s’il y a visiblement des divergences quant au nombre de pirates, il y aurait par contre un consensus sur le nombre global d’utilisateurs.

La question qui reste donc en suspend aujourd’hui est celle de savoir comment la MPAA et autres groupes d’ayants droit vont gérer le problème des utilisateurs pirates dans le futur…

La stratégie actuelle est de peindre ce genre de plateformes comme des endroits dangereux. Keith Kupferschmid, le PDG de la Copyrigth Alliance a déclaré que les utilisateurs de services piratés avaient en réalité 28 fois plus de chance de voir leur dispositif infecté par un logiciel malveillant.

Les utilisateurs intelligents savent pertinemment que tout danger, aussi bien les virus que les ayants droit, peut être facilement contrecarré grâce à l’utilisation d’un VPN comme Hidemyass, VyprVPN ou NordVPN.

Jouer sur la peur des utilisateurs, n’a rien d’une stratégie novatrice… Reste à savoir si elle portera ses fruits.

Ce qui est sûr c’est que la menace « Piracy 3.0 » est prise très au sérieux. Menace déjà bien installée et qui ne devrait pas cesser de grandir. Menace que peu avait vu venir 5 ans plus tôt…